15.05.2008

Juliet India

Le contraste est saisissant entre le ton avec lequel s'adressent mes boss au nouveau stagiaire et celui qu'ils emploient avec moi. J'ai su réussir l'impensable : me rendre indispensable. Alors, parce que je les ai habitué à l'efficacité, à l'enthousiasme et à la prise d'initiatives, ils décident de virer l'autre. C'est une sorte de combat qui s'engage entre le département que j'occupe maintenant et celui que j'occupais précédemment  : qui réussira à mieux tirer profit de moi ?

Les résultats de mes premières actions sont tombés : j'ai reçu trois mails de félicitations aujourd'hui. Ces nouveaux défis, ces nouveaux monts à gravir me lancent vers la nouveauté, l'excitant, et enfin, un peu de difficulté. Je suis complètement ravie.

J'abandonnerai demain mon ancienne peau, celle de l'étudiante, après la soutenance de mon mémoire.  

14.05.2008

Electric

Restaurant parisien. Ext. Nuit.

Les trois hommes en face de nous sont peut-être nos futurs collaborateurs. Comme si la masse de travail n'était pas assez énorme dans nos jobs officiels, nous serrons la main d'un engagement indépendant. Nous sommes nées pour promouvoir, donc essayons d'encaisser un peu de blé par la même occasion. Alors, entre le dessert et le champagne, nous négocions les taux de rémunérations et les accords du contrat. Nous ne sommes pas encore très fortes à ce jeu-là, et le comptable en plus d'être séduisant, est un vrai expert. 

Finalement, pour que je me sente vivre, voici ce qu'il me faut : de la séduction, des mots d'esprits, de l'ivresse et de l'inconnu. Avancer, avancer et encore avancer. Qui pourrait se contenter du peu ? J'ai 22 ans, je suis là où je voulais être mais ça ne me suffit pas. La marche n'est pas un rythme assez soutenu, je veux courir vite. Quitte à m'essouffler en cours de route. La culpabilité est mon seul frein.

Montmartre. Ext. Plus tard dans la nuit.

Le comptable est à mon bras. Nous divaguons dans les rues de mon quartier. Je redécouvre les charmes de la séduction simple. Celle qui n'amène ni à la baise, ni au dégoût de soi mais au délice d'un moment simple et agréable. Les trentenaires ont décidément le charme de la maturité. 

12.05.2008

La Vie d'Artiste

J'ai du mal à trouver la quiétude. Mais R., le soleil et DG que je revois régulièrement m'aident beaucoup. Alors, je cours 45 minutes un dimanche matin pour sentir les battements réguliers de mon coeur. Une déviance un peu plus saine que les autres.

Mon combat contre la drogue continue. J'évite les consommateurs. Je me suis donc surprise, hier, à refuser une soirée composée uniquement de coke, de champagne et d'un tas de connards autour. Je n'ai probablement rien manqué. 

10.05.2008

Apocalypse

Aller voir un psy a quelque chose d'assez déroutant. Il faut d'abord retracer tout le parcours, raconter les origines, la famille éclatée, la drogue, l'alcool, le boulot, les études. Et puis s'entendre dire ce qu'il se passe.

 

"Vous vous sentez vulnérable"

 

R. prend de plus en plus de place dans ma vie. Il a un peu plus de 30 ans, est rédacteur et supporte de me voir pleurer de temps en temps. Alors, il m'enveloppe de ses bras et pose un baiser sur mon cou. Il est très dommage que cette relation doive se terminer bientôt : j'ai peur qu'il n'essaie de m'embrasser et que je ne doive le repousser. 

09.05.2008

The Architect

Mes angoisses ne sont plus nocturnes. Elles progressent maintenant le jour, en plein rendez-vous, en pleine rue, devant un film ou en entretien. Je garde le contrôle quand tout à l'intérieur est panique et alerte.

Faisons un point.

Que m'arrive-t-il ? A quoi est due cette hyperventilation soudaine, ces sueurs froides, le tout offert dans un sentiment de mort imminente ?

Une perte de repères sans doute. Le passage à l'âge adulte probablement. J'ai déjà accompli mon premier objectif de vie. J'habite à Paris, je travaille au poste que je convoitais, mes connaissances m'apprécient et quelques mecs me courent après. J'ai 22 ans et je n'avais pas vu ça arriver aussi facilement.

Ou peut-être que si. Que j'ai toujours caressé ces rêves et qu'ils se réalisent trop vite. Que je m'attendais à plus de joie, plus de plénitude. Que je me trouve trop jeune pour grandir déjà. Où sont les rites, toutes ces étapes qui auraient du progressivement me préparer, psychologiquement ? 

Ce qu'il faut maintenant, c'est apprendre à tolérer l'éventualité du risque. De la chute, du pépin, du licenciement, des problèmes d'argent. De ma mort et de celle de mes proches.

Il faut juste que j'accepte de grandir. Pour m'accomplir vraiment et me connaître enfin. Pour devenir puissante, en somme.  

 

08.05.2008

Like A Child

Les premières vraies journées de travail sont aussi fatiguantes que stimulantes. Il faut répéter aux différentes personnes l'importance du label, l'expansion du numérique, le catalogue encore et encore, pour m'identifier auprès des interlocuteurs privilégiés. Me rendre déjà indispensable pour ne pas me faire virer de si tôt.

La sortie du boulot, ce soir, fut très agréable. D'une part parce qu'elle mettait fin à la crise d'angoisse quotidienne qui sévit depuis le début de la semaine sur moi lorsque je suis au bureau, et d'autre part parce qu'elle marquait le grand retour sur la capitale, de cet ancien stagiaire, avec qui je m'entends bien. Nous avons donc critiqué tout le concert, discuté en mangeant une pizza dans le sentier et fumé des clopes sous la brise du vent de mai. Je crois que ma robe était tout de même un peu légère, et que j'ai attrapé froid. 

Je manque les nuits sonores, mais ce n'est peut-être pas un mal. 

06.05.2008

Out of our Lives

Oui, Ama, tu as raison, ma poupée argentine.

Il faudrait simplement accepter le changement. Regarder les gens qu'on aime s'éloigner. Perdre tous ses repères et être forte, quand même. Faire comme si de rien n'était, faire comme si tout allait bien. Faire comme si vous, mes amis, ne me manquiez pas. Comme si ces moments de grâce, de joie intense et gratuite n'avaient rien été.

Je ne me sens ni dépressive, ni agressive, ni désespérée, ni idiote. Simplement, les gens gravitent autour et je suis seule. 

Tu me manques. 

04.05.2008

Shock to my system

G. sait très bien pourquoi je suis là. Cela ne l'empêche pas de me sortir le grand jeu, peut-être pour honorer la robe de soirée que je porte. Alors, nous buvons du vin en terrasse, nous dînons très cher et nous rentrons enfin chez lui.

G. adore me baiser. Je le vois dans ses yeux, il exulte. Alors, il remplit bien son rôle et me baise, assez bien. Malheureusement pas aussi bien que DG. Il avait pourtant un vibro avec lequel nous avons un peu joué.

Je n'ai pas vraiment envie de rentrer à Paris, ce soir. Tout est plus facile, ici.

 

03.05.2008

Shadow of the day

Ma mère a le chic pour voir en moi, ce qui se passe en profondeur. Elle sent bien le malaise, de mes yeux sur mon corps. Alors, elle m'emmène à Toulouse pendant ce pont du mois de mai, et m'achète deux paires de chaussures à talons très hauts, trois robes en soie, une mini-jupe et les accessoires qui vont avec. Elle parle ensuite de liposuccion "si ça peut t'aider à te sentir mieux". 

Pour achever de repeindre le tableau et reprendre un peu confiance, j'irai donc demain voir cet ex. avec qui l'entente sexuelle est parfaite. Je regrette de ne pas avoir amené mon vibro dans le sud. Nous aurions peut-être pu l'essayer à deux.  

02.05.2008

Lover

Je vis beaucoup mieux mon célibat depuis que je me suis acheté un vibro. Extase parfaite et jouissance gratuite.